Dieu que les vacances sont longues !
Et pourtant...
C'est à peine si je suis allée au Festival d'Avignon,
c'est à peine si j'ai profité de mes frérôts/seurettes.
Et nous tous, c'est à peine si nous nous sommes vus...
Un drôle de camping en chassé-croisé, un CCA qui m'aura laissée recluse dans ma morosité, d'incessants allés-retour à Lyon...
Il y aura aussi eut une semaine de solitude, méditative et lasse, dans ma maison retrouvée, celle où je suis bien. Les miroirs qui y sont me renvoient cette ancienne image, celle que je trouvais belle, je n'y vois plus de monstre. Même mes larmes sont belles. Une maison rose qui danse sur l'herbe, une piscine comme un dimant bleu sous le soleil.
Et pourtant, ma chambre plongée dans la pénombre, me donnait envie de me coucher et de ne plus bouger. De retrouver mes marques, de revivre ces jours où je me disaient "il va falloire prendre le bus, aller à Aubanel, travailler".
Mais comme c'est bizarre, j'ai déjà tout eclipsé ! Il ne me reste rien. Ou si peu. Juste cette impression...
A peine le temps de savoir
Qu'il est déjà trop tard
(...)
Faut jamais se retourner
en se disant que c'est dommage
d'avoir passé l'âge
... du lycée.
Il y aura eut le retour de mon père... Dois-je m'y faire ? Profiter un peu de ce qui m'est donné de connaître de lui, avant que nous soyons à nouveau séparés ? Oui... Oui... J'ai fini par y croire... Mais non. Rien n'y fais... ça ne finira jamais.
Il y aura eut Paray-le-Monial. Temple des bonnes familles françaises, celles où les médailles de baptêmes sont fournies avec le kit "Paris XVI° et avenir brillant". Les gars, quel que soit leur âges, sont blondinets et mettent des chaussures-bateaux, des vareuses bretonnes, des polos et des bermudas beige. Stéréotypes de La vie est un long fleuve tranquille.
Les filles ne se maquillent pas, elles vont aux scouts d'Europe, savent faire la cuisine et sourire. Elles ont aussi des polos, mais se distinguent par leurs sacs Longchamps, disponibles dans une gamme de 15 couleurs au choix.
La question de Dieu au milieu de tout ça.
Il y aura eut la plage avec Reno, la rencontre de ce couple hors du commun, Jordy et Anne-Constance ! Après chaque vacherie, ça se finit en "je t'aime" énamourés !...
Le Quatuor était formé ! Nitro, piscine, inter-ville... Pourvu que ça dure.
Il y aura eut cette drôle de nouvelle aussi. J'avais rayé Science Po de mon orientation, pour ne plus vouloir qu'Hypokhâgne... Rêver sur du Baudelaire, parcourir Stendhal, me mettre au Nouveau Roman, et apprendre par coeur le Manifeste du Surréalisme ! Rien ne pouvait mieux m'aller...
Mais non... ScPo débarque, inespéré. Je prends ? Je prends pas...? Je prends... J'ai hâte ! J'ai peur ! Je recule. Je le veux. Je meurs d'envie que ça commence... Dieu que les vacances auront été longues !
... Je n'ai rien fais de ce tout ce que je voulais.
Il me reste Septembre... Je ne vais plus à Lyon. Je ne vais pas en Corse.
Varsovie ?
A croire que ça tient du destin. Je ne cesserai jamais d'y retourner.
Oh ! J'allais oublier !
J'arrête ce blog.
Il est beau. Il est grand. Il est vieux.
3 ans de communauté Sky, d'articles perdus à cause des bugs, de favoris jamais mis à jour. 9O pages, 45O articles, quelques commentaires qui mériteraient d'être encadrés à côté du portrait de tante Germaine... Je me demande ce que j'ai bien pu dire sur tant d'articles... Le ton a du changer, un peu. Un jour peut-être, je m'y replongerai.
En fait, j'aurais bien aimé finir à 1OO pages tout rond, 5OO titres et autant d'images. Mais il est temps d'en finir !
Je quitte l'Ancien Monde pour l'Orient. La vieille Europe est morte, le soleil se lève à l'horizon... Il est temps de tourner la page ! La meilleur preuve en est qu'Unintended ne me fait plus rêver.
Un autre blog viendra peut-être... mais il paraît qu'à ScPo on n'a le temps de rien.
A l'ère de l'Ego, se passer de sa propre compagnie devient impossible !!!
Je cherche une belle phrase, un truc chic et choc pour finir en beauté... Je ne trouve rien.
"Rien"...
Non... ne pas finir sur "rien"...
Un autre mot...
Au pif.
Je vous laisserai dans la détresse, mon blog à jamais silencieux, sur cette énigme chère à Rabelais :
C O Q U E C I G R U E




